C’est ici que se conclus cette belle histoire car, malgré tout, je considère que le passage d’Amandine dans ma vie fut une des plus belle chose qui me soit arrivé!
Je suis d’accord que si on regarde ça froidement, nous avons affaire à une personne qui, en plus de m’avoir (fort probablement) méprisé en cachette, m’a sérieusement manipulé, et ce pour arriver à ses fins. Surtout à partir du moment où il fut question de la visite de ses amies.
J’ose croire qu’une facette d’Amandine, soit l’adulte responsable et respectueuse, m’aimait bien. Sauf qu’il semblait en être autrement pour l’autre Amandine, soit l’adolescente qu’elle semblait refouler en ma présence. C’est cette même Amandine qui, malheureusement, semble avoir pris les commandes avec l’arrivée de ses deux compatriotes.
Est-ce que je lui en veut? Non, pas du tout. De toute façon, j’ai fait des bêtises bien pires que cela lorsque j’avais son âge. Déçu? Beaucoup, car je l’aimais bien ma petite française qui, grâce à quelques larmes versées, a carrément changée ma vie.
Certains diront que c’est un constat précipité que de dire, et cela après à peine trois semaines, que ma vie ne sera jamais plus la même, mais c’est effectivement le cas! Ma peur des gens, ma peur d’être abusé, ma honte, mon mal de vivre, tout ça s’est dissipés comme par magie en l’espace d’une démonstration d’affection qui, j’ose le croire, était sincère. De toute façon, même si ce ne l’était pas, ça ne change rien au changement qui s’est opéré en moi.
Pour ceux qui pensent que j’en beurre épais, je me suis amusé à faire une liste partielle de certains points qui, depuis que je suis sorti de mon cocon, affectent positivement ma vie de tout les jours…
- J’aime mon travail! Pas que je n’aimais pas ma job, mais je trouvais souvent lourd le fait de devoir dealer avec des clients qui, bien souvent, je trouvais soit colons ou/et antipathiques et, de plus, dans un milieu où, pour être honnête, mes maigres connaissances dans le domaine (quincaillerie) écorchaient souvent mon égo. Depuis ma “transformation”, quand un client m’approche, je prend le temps d’écouter sa question au lieux d’être sur ma défensive, réflexe que j’avais, de peur de ne pas être en mesure de lui répondre et, curieusement, je constate que je suis plus compétant que je ne le pensais. Faut dire que ça paralyse la peur…
- Je compulse beaucoup moins qu’avant, voir presque plus. Je ne mange plus mes émotions et je suis beaucoup moins porté à dépenser. Avant, un billet de $20 ne passait pas la journée dans mes poches, maintenant, il peut séjourner plusieurs jours dans mon porte-feuille.
- Quoique relié au point précédent, je prend beaucoup plus soin de moi et cela sans efforts. Je n’ai pas bue un seul verre de boisson gazeuse depuis presque trois semaines (alors qu’auparavant, c’était au minimum 1 litre par jour) et pas (ou très peu) de junk-food (chips ou autre…).
- Également relié au point 3, je ne vais presque plus au restaurant. Je prend le temps de me faire à manger et, première pour moi, je m’amuse à essayer de nouvelles choses. Pour ceux qui l’ignore, j’étais du genre à toujours commander la même maudite affaire selon le restaurant fréquenté, de peur de tomber sur quelque chose que je n’aime pas. C’est bien beau le confort, mais ça engourdi à la longue…
- Quoique sérieusement relié au premier point, je n’ai plus peur des gens. Avant, l’idée de me pointer dans un party bourré de personnes que je ne connais pas, était suffisamment inconfortable pour m’inciter à passer un samedi soir à faire mon lavage, plutôt que de prendre la chance de connaitre du nouveau monde.
- Je pleure!! Quelle bonheur!! Moi qui pleurait presque jamais, sauf devant un film ou quelque chose du genre. Faut savoir que très tôt dans mon jeune âge, soit vers l’âge de 5 ou 6 ans, je me suis (inconsciemment) déconnecté de certaines émotions et cela, fort probablement, par mécanisme de défense. J’imagine que certains traumatismes, genre le fait d’avoir été abusé sexuellement, doit y être pour quelque chose. J’ai même pas pleuré à la mort de ma mère, alors que j’avais à peine 11 ans. En fait j’ai pleuré sa mort, mais genre deux ou trois ans plus tard, et cela dans un contexte totalement pas rapport (genre à l’entour d’un feu de camp lors d’un camp de vacance). Je pense encore au sentiment d’impuissance de mes amis qui, visiblement, ne comprenait pas ce qui m’arrivait. De tout les avantages que je retire de tout ces changements, c’est celui d’être capable de pleurer que je chéri le plus!
Pour être honnête, au début de cette transformation, j’étais terrifié à l’idée que le naturel revienne au galop. En fait, je ne pouvais m’empêcher de pleurer juste à l’idée de redevenir comme avant, soit une personne paralysée par un espèce de mélange de peur et de honte, mais quelque chose me disait que je n’avais rien à craindre. D’ailleurs, j’en ai eu la preuve il y a quelques jours…
Vendredi dernier, soit le 11 décembre, je sentais que mon seuil de tolérance semblait revenir à ce qu’il était avant, et cela sans raisons apparentes. J’avais la mèche courte et je sentais ma carapace qui, tranquillement pas vite, me resserrait la gorge.
En revenant du travail, je me suis aventuré à visser un crochet après la porte de ma salle de bain et, constatant que rien ne marchait comme je le voulais, j’ai pogné les nerfs et, sous le coup de la rage, j’ai violemment arraché l’ancrage de la porte, ce qui causa un gros trou dans ladite porte!
Le vieux Martin semblait être de retour et pire que jamais! J’étais à la fois terrifié et découragé! A bout, je suis partie a pleuré comme une madeleine en me disant que je venais de tout gâché! Que le vieux Martin était de retour et qu’il venait de jeter aux poubelles ce merveilleux cadeau que l’univers, par le biais d’Amandine, lui avait donné sur un plateau d’argent!
Sauf qu’après mon torrent de larmes, j’ai réalisé que le vieux Martin n’était plus là. En fait, je me sentais aussi léger qu’au moment de ce que je pourrais appeler ma renaissance. Pourquoi ce caméo de mon vieux moi? J’en sais rien, quoique je sentais la peur se réinstaller en moi depuis quelques jours et, ironiquement, ça me faisait peur. Peur de revenir comme avant et, encore ironiquement, c’est ce qui semble s’être produit l’instant d’un encrage arraché.
Sauf que cet incident m’a démontré que, finalement, je n’avais rien à craindre, surtout pas la peur car, bien souvent, c’est à ce moment là qu’elle prend le contrôle. Du moins, c’est comme ça que je le sens…
Ais-je l’intention de me reposer sur mes lauriers? Non, car les blessures qui, au fil des décennies, mon incitées à revêtir mon armure seront toujours en moi. Sauf que dorénavant, lorsque je serai conscient que la peur s’installe de nouveau, je vais la regarder en face avec un mélange d’amusement et, surtout, de tendresse car, bien que maladroite, tout ce qu’elle voulait était de me protéger…
Sur ces paroles, un gros merci Amandine. Je ne sais pas si un jour tu vas tomber sur ce blogue, mais, si c’est le cas, sache que je ne t’oublierai jamais!
Je t’embrasse tendrement et je te donne une grosse accolade ma petite Jodie (elle ressemblait à une jeune Jodie Foster). Tu auras toujours une place dans mon cœur.
Et vous chers lecteurs, merci de m’avoir lue et, surtout, ayez une pensée positive pour celle qui a changé ma vie!
Bisous et accolades.
Martin
Mise-à-jour: Depuis la rédaction de ce billet, il m’arrive d’avoir des rechutes, mais, heureusement, je garde espoir (et je prie le bon Dieu) de ne pas me retrouver à mon point de départ…;)